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Photo extérieure de l'église

Dimanche 22 novembre Christ Roi

Chers paroissiens

Voici la méditation que nous propose Bruno à partir des textes bibliques de cette fête du Christ, Roi de l’univers

Aujourd’hui nous terminons l’année liturgique par une fête : celle du Christ Roi. Après les 33ème dimanches du temps ordinaire, l‘Eglise prend le temps de célébrer son roi en la personne de Jésus-Christ Ressuscité. Et pourtant, il est tout de même paradoxal que les lectures de ce jour nous parlent de berger à la recherche de ses brebis perdues ou de ces « petits qui sont mes frères » d’après les paroles même de Jésus. Cela ne correspond pas à nos références habituelles sur la Royauté. C’était déjà vrai du temps de Jésus qui n’a cessé d’affirmer qu’il n’était pas venu pour être un roi au sens politique du terme (« ma royauté n’est pas de ce monde » dit-il devant Pilate). A notre époque, dans notre imaginaire, quand on pense à la royauté, on pense plus à la reine d’Angleterre et aux rois de contes de fées qu’à la nature même des pouvoirs du roi.

Pourquoi l’Eglise a-t’elle besoin de célébrer cette Royauté du Christ ?

Attardons nous quelques instants sur la royauté du Christ. Quand on passe en revue les attributs d’un roi, le premier mot qui vient à l’esprit c’est le pouvoir; pouvoir de commander et pouvoir d’être obéi. Un roi sans pouvoir n’est pas véritablement un roi. C’est un pouvoir de coercition. Par son armée, le roi peut forcer l’obéissance de ses sujets. La Royauté évoque bien une domination d’un seul sur ses sujets ; le sujet se définit d’ailleurs par son appartenance à son roi.

Ce pouvoir du roi impose en retour une protection qu’il doit assurer sur ses sujets. Le roi défend son peuple, son pays. Il incarne à lui seul le bien de son pays — que l’on songe à son rôle dans les monarchies constitutionnelles.

En Israël, les rois qui ont régné entre le XI et le VIème siècle avant Jésus Christ incarnaient eux aussi ces attributs royaux. Mais ils étaient de mauvais rois. Dans l’histoire d’Israël, les prophètes n’ont eu de cesse de dénoncer les erreurs et mauvaises actions des rois au nom du seul véritable roi, Dieu le Père. Les rois d’Israël ne sont que des lieutenants ; ils n’ont aucun caractère divin. Au temps de Jésus, les rois ont disparu, le peuple attend la venue d’un roi messie envoyé par Dieu et consacrant le règne de Dieu sur l’univers.

Jésus est roi mais il refuse toute royauté politique. La libération que Jésus apporte n’a rien à voir avec celle du combat contre l’occupation romaine. Jésus emploie pour se désigner lui même l’expression « Fils de l’homme ».

Jésus est un roi serviteur qui assure son service comme un berger pour ses brebis. L’Ancien Testament avait déjà pressenti que la véritable royauté était du domaine du service. Dans le texte d’Ezéchiel — la première lecture de ce jour — Dieu s’occupe de son troupeau ; il exerce une attention collective à l’égard du troupeau : « c’est moi qui ferai paître mon troupeau » ; en effet Dieu nourrit son peuple et pourvoit à son quotidien. Mais Dieu exerce aussi une attention personnelle pour chacune de ses brebis.

L’attribut majeur du roi c’est sa gloire. Il siège sur un trône de gloire. Le mot est complexe ; il évoque à la fois le poids, le respect et l’honneur. La gloire de Jésus Christ, les apôtres en avaient fait l’expérience au moment de la Transfiguration mais c’est au moment de sa Résurrection c’est à dire de sa victoire sur la mort que Jésus est définitivement glorifié.

Revenons au discours du Jugement Dernier présenté par Jésus à ses disciples. Celui-ci n’est pas une parabole mais une description prophétique du Jugement. Les 4 actes cités par jésus correspondent aux œuvres de piété traditionnelles du Judaïsme : nourrir ceux qui ont faim, exercer l’hospitalité, vêtir les gens dans le besoin, visiter les malades et les prisonniers.

Pourtant on assiste ici à un renversement de perspective : « chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ». Remarquons la surprise symétrique des auditeurs (les justes et les maudits). On peut parler de choc du texte. Les gestes que nous avons posés pendant notre vie ont un sens profond que nous ignorons. Dans la vie quotidienne s’actualise la relation des croyants à leur Seigneur.

Ce texte consacre à proprement parler le sacrement du frère. En effet, tout homme qu’il m’est donné de rencontrer est une occasion de rencontrer le Christ pour peu que je le regarde comme mon frère. C’est un appel à la charité active.

Les maudits n’ont pas nécessairement fait quelque chose de mal ; ils n’ont rien fait, ils sont restés passifs devant la détresse des pauvres.

Nous sommes tous appelés à une relation d’aide dans la fraternité c’est à dire d’égal à égal. Ce n’est plus le riche qui aide le pauvre ou le pauvre qui reçoit une aide ; ce sont deux frères en Christ qui s’entraident.

Cette fraternité en actes est un moyen essentiel pour sortir de la crise que nous vivons actuellement ; elle est une force qui peut structurer toute notre société en vue du Bien Commun. Le pape François en a fait son propos dans sa dernière encyclique Fratelli Tutti.

A nous de vivre cette fraternité en actes !